Colloque international "L’expression du silence dans la fiction littéraire espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIe siècles)" Télécharger au format iCal
 

L’expression du silence
dans la fiction littéraire espagnole contemporaine (XIX-XX-XXIe siècles)

PRESENTATION
Le silence est de la plus haute importance, on ne l’a pas assez dit. Dans le discours quotidien, sa valeur est inestimable. Ses possibilités d’expression sont immenses. Il contient ce qu’on ne sait, ne veut ou n’ose dire. Il dit aussi ce que la parole détruirait. En cachant, il montre. (P. Van den Heuvel, Parole, mot, silence, 1985)

S’inscrivant dans le sillage de la conférence donnée par Soledad Puértolas le 17 mars 2017 au Colegio de España (Paris), le colloque international de la NEC+ prévu en mars 2018 s’appuiera sur le récit de fiction espagnol contemporain dans toute sa variété et sa diversité générique pour y rechercher les différentes formes et manifestations de l’expression du silence.
La « densité nouvelle » que le silence semble avoir acquis à travers les écritures contemporaines (Y-M. Ergal) nous invite d’autant plus à tenter de déceler les raisons susceptibles d’expliquer ou de justifier son apparition dans tel ou tel récit de fiction, à en dégager les fonctions au regard de la narration et/ou de la diégèse dans lesquelles il s’inscrit, à
en percer les significations mais aussi à en envisager les effets sur le lecteur, lequel sait bien que, au-delà des mots, il doit restituer tout son sens et sa valeur à « ce qui est tu dans un beau livre et qui compose sa noble atmosphère de silence, ce merveilleux vernis qui brille du sacrifice de tout ce qu’on n’a pas dit » (Proust). Plus directement peut-être et à un autre niveau, ce même lecteur – tout lecteur – ne manque pas d’être interpelé par les vides textuels résultant de l’acte de la non-parole, les blancs, ces marques qui font partie intégrante de la composition et qui signifient autant ou plus que la parole actualisée. On sait bien, en effet,
que, « chargé d’une gravité qui touche à l’infini » et fort de ce « caractère sacré » qu’il porte en lui (Ergal), le silence « parle » au point de pouvoir « tout dire » (P. Van den Heuvel), qu’il peut être « éloquent » et parfois « aussi effrayant que le cri » (id.).

Mais encore nous faudra-t-il distinguer entre, d’une part, les silences textuels volontaires, ces vides sciemment introduits comme stratagèmes discursifs et à l’endroit desquels l’implicite peut exercer sa stratégie, et, d’autre part, les silences involontaires, exprimant non plus ce que l’écrivain ne veut pas dire mais bien plutôt ce qu’il ne peut pas dire. Et sans doute est-ce lorsque le silence devient cette figure spéculative servant à communiquer l’incommunicable que l’on est à même, bien souvent, de percevoir le véritable sens du texte, cette « vérité secrète » de l’indicible et de l’innommable (Blanchot). En cela, peut-être reste-t-il encore à montrer combien le silence, tel que utilisé ou cultivé par les écrivains espagnols contemporains, peut s’avérer partie prenante d’une réécriture de l’Histoire, celle du passé récent de l’Espagne.
Signe ou trace d’une aphasie ? Traduction de l’insuffisance ou de la défaillance du langage ? Expression d’un désir primitiviste de revenir à un « degré zéro » de la parole, à l’état vierge et pur de la pré-parole, à un temps de non-parlance, dans une forme de nostalgie des origines – ou de la nuit ? Autant de pistes qu’il conviendra chaque fois d’explorer pour mieux percer le sens et la valeur des silences textuels, certains d’eux s’inscrivant, assurément, dans une véritable poétique du silence.
Il va sans dire que l’on s’intéressera aussi à ces récits qui, quand bien même n’auraient-ils pas pour vocation première d’exprimer ou de représenter le silence, renfermeraient néanmoins, en quelque endroit de leur trame, une évocation, une description, voire un éloge du silence, comme il se produit, par exemple, sous la plume de Menchu Gutiérrez, où, investissant peu à peu le corps des mots, le silence devient « ensalmo creador », « música inaudible » (G. Champeau). On prêtera alors la plus grande attention au type de langage, aux métaphores et aux procédés lexicaux et syntaxiques mobilisés par les auteurs pour représenter le silence, pour donner à voir et à percevoir « la ritournelle du silence » (P. Brunel), chacun d’eux laissant transparaître ainsi, dans cette prouesse esthétique, sa propre conception du silence, et par là-même peut-être sa propre conception de la vie, ou de la mort, ou de l’écriture…


MODALITES PRATIQUES
Le colloque se tiendra au Colegio de España, Cité Universitaire, Paris XIVe, les 22, 23 et 24 mars 2018.
Les communications pourront se faire en espagnol ou français.
Les propositions, comportant un résumé d’une quinzaine de lignes maximum, sont à envoyer avant le 15 septembre 2017 à :
emailProtector.addCloakedMailto("ep_9ca388d2", 0); et emailProtector.addCloakedMailto("ep_608c3ff6", 0);
Merci d’indiquer vos nom(s), prénom, coordonnées postales, électroniques, établissement et laboratoire de rattachement, ainsi qu’une liste de 5 mots-clés.
Le Comité scientifique se prononcera sur les propositions au plus tard à la fin du mois d’octobre 2017.
Frais d’inscription : 40 euros pour les membres de la NEC+ (année 2017-2018), 70 euros pour les non-adhérents.
Les frais de bouche, d’hébergement et de transport seront à la charge des communicants.
La publication des actes est prévue aux Éditions Orbis Tertius.
Responsables scientifiques : Natalie Noyaret – Catherine Orsini

CONVOCATORIA
La expresión del silencio en la ficción literaria española contemporánea (siglos XIX-XX-XXI)


PRESENTACIÓN
El silencio es de la máxima importancia, no lo hemos dicho bastante. En el discurso cotidiano, su valor es inestimable. Sus posibilidades de expresión son inmensas. Contiene lo que no sabemos, no queremos o no nos atrevemos a decir. Dice también lo que la palabra destruiría. Al ocultar, enseña. (según P. Van den Heuvel, Parole, mot, silence, 1985)

Destinado a prolongar una reflexión iniciada hace unos meses en el seno de la NEC+ –y enriquecida con el inestimable testimonio de la escritora Soledad Puértolas durante la conferencia que dio el 17 de marzo de 2017 en el Colegio de España (París)–, el coloquio internacional de la NEC+ que se celebrará en marzo de 2018 propone abordar el relato de ficción contemporáneo en toda su variedad y diversidad genérica, con vistas a tratar de descubrir en sus páginas las diferentes formas y manifestaciones de la expresión del silencio.
La «densidad nueva» que el silencio parece haber adquirido en las escrituras contemporáneas (Y-M. Ergal) nos invita aún más a intentar descubrir las razones susceptibles de explicar o justificar su aparición en tal o cual relato de ficción, a destacar sus funciones con respecto a la narración y/o a la diégesis en las que se inscribe, a revelar sus significaciones, y también a considerar sus efectos en el lector, quien sabe perfectamente que, más allá de las palabras, le toca restituir todo su sentido y su valor a «lo que permanece callado en un hermoso libro y que compone su noble atmósfera de silencio, ese maravilloso barniz que
brilla a resultas del sacrificio de todo cuanto no se ha dicho
” (Proust). Más directamente quizá, a este mismo lector –a cualquier lector– no dejan de llamarle la atención los vacíos textuales provocados por la palabra silenciada, los blancos, esos signos que son parte integrante de la composición, y que significan tanto o más que la palabra actualizada. Bien se sabe, en efecto, que, «cargado de una gravedad que roza lo infinito» y provisto de «ese carácter sagrado» que le es consustancial (Ergal), el silencio «habla» hasta poder «decirlo todo» (P. Van den Heuvel), pudiendo ser «elocuente» y a veces «tan aterrador como el grito» (id.).
Así y con todo, será preciso distinguir entre, por una parte, los silencios textuales voluntarios, esos vacíos intencionadamente introducidos como estratagemas discursivas y en los que lo implícito puede ejercer su estrategia, y, por otra, los silencios involuntarios, que ya no traducen lo que el escritor no quiere decir sino más bien lo que no puede decir. Y sin duda, a menudo, cuando el silencio se convierte en esa figura especulativa que sirve para comunicar lo incomunicable es cuando nos es dado captar el verdadero sentido del texto, esa «verdad secreta» de lo indecible y de lo innombrable (Blanchot). De hecho, quizá quede por mostrar aún cómo el silencio, tal como lo utilizan o cultivan los escritores españoles contemporáneos, puede constituir un factor decisivo de una re-escritura de la Historia, la del pasado reciente de España.
¿Signo o huella de una afasia? ¿Traducción de la insuficiencia o del fallo del lenguaje? ¿Expresión de un deseo primitivista de volver a un «grado cero» de la palabra, al estado virgen y puro de la pre-palabra, a un tiempo de no-lenguaje, en una forma de nostalgia de los orígenes –o de la noche? Estas y otras pistas tendremos que explorar cada vez para mejor revelar el sentido y el valor de los silencios textuales, inscribiéndose por cierto algunos de ellos en una verdadera poética del silencio.
Ni que decir tiene que nos interesaremos también por aquellos relatos que, aunque no tuvieran como vocación primera expresar o representar el silencio, encerrarían, sin embargo, en algún lugar de su trama, una evocación, una descripción e incluso un elogio del silencio, tal como se produce, por ejemplo, bajo la pluma de Menchu Gutiérrez, donde, apoderándose poco a poco del cuerpo de las palabras, el silencio se hace «ensalmo creador», «música inaudible» (G. Champeau). Se prestará, entonces, la máxima atención al tipo de lenguaje, a las metáforas y a los procedimientos léxicos y sintácticos movilizados por los autores para representar el silencio, para hacer ver y percibir «la cantinela del silencio» (P. Brunel), revelando así cada uno de ellos, en esa proeza estética, su propia concepción del silencio y, con ello, quizás también su propia concepción de la vida, o de la muerte, o de la escritura…


MODALIDADES PRÁCTICAS
El coloquio tendrá lugar en el Colegio de España (Ciudad Universitaria, Paris XIV), durante el 22, 23 y 24 de marzo de 2018.
Las comunicaciones podrán leerse en castellano o en francés.
Las propuestas, incluyendo un resumen de unas quince líneas como máximo, se enviarán antes del 15 de septiembre de 2017 a:
emailProtector.addCloakedMailto("ep_b28ace5c", 0); y emailProtector.addCloakedMailto("ep_7929df6a", 0);
Gracias por indicar su(s) apellido(s), nombre, dirección postal, dirección electrónica, universidad y centro de investigación, así como una lista de 5 palabras claves.
Se dará aviso de la aceptación de las propuestas a más tardar a finales del mes de octubre de 2017.
Gastos de inscripción: 40 euros para los miembros de la NEC+ (año 2017-2018), 70 euros para los otros.
Las comidas, el alojamiento y el transporte correrán a cargo de los comunicantes.
La publicación de las actas está prevista en las Ediciones Orbis Tertius.
Responsables científicos : Natalie Noyaret – Catherine Orsini.
 

 

emailProtector.addCloakedMailto("ep_c081625e", 0);
 
Lieu Colegio de España (Cité Universitaire, Paris 14ème), 22, 23 et 24 mars 2018
Contact ,
Vous pouvez également consulter le site internet de la NEC+ : narrativaplus.org

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